Abri-Univers-Île

Abri-Univers-Île, la neige qui fond sur leurs lèvres sent la fumée et le soufre.

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Installation vidéo réalisée avec Anna Principaud, 
à l’antenne de la Maison des Arts de Malakoff, en 2012.
Vidéo, farine, ficelle, sel, carton, papier-miroir.

En observant par les fenêtres, on pouvait découvrir un paysage, un petit univers, la cabane se faisant abri pour une galaxie. À la manière dont les enfants font d’un grand lit un océan et d’un drap une nuit de fantômes, ce lieu  est devenu un lieu à part, le lieu d’une utopie, d’un jeu. Un jeu sérieux comme le sont tous les jeux, avec son cadre, ses règles et ses mystères. Une hétérotopie.

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Cette pièce est une méditation sur le « paysage », cette notion construite par les artistes et qui fait qu’on ne contemple un champ de tournesols que parce que Van Gogh nous l’a préalablement donné à voir. Changeant, climatique, ce micro-paysage s’inscrit dans une temporalité. Il évoque des images archaïques, cosmologiques : une planète, des lunes, le ciel, un désert. Mais ces images sont données à voir en même temps que le dispositif de leur création : une projection, des miroirs, quelques bouts de ficelle. Voilà donc un mystère où tout est donné à voir. Y compris la place du spectateur. Entre expérience cinématographique et sculpture, entre engagement et mise à distance du corps, cette proposition interroge l’architecture de cette cabane et met en évidence son potentiel fictionnel.

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Il a été tenté ici une forme d’art articulant présence solaire et distance critique. Ont été reprises des représentations cosmologiques qu’on retrouve à la fois dans l’art des sociétés les plus anciennes et dans les univers des « planet opera ». Elles ne servent pas un nouvel objet de culte, nostalgique des origines mythiques, car la présence en jeu est justement un jeu, une facticité revendiquée. Mais c’est un jeu qui nous permet aussi d’accueillir la part magique de ce qui nous est donné à voir, loin d’une vision rationnelle, raisonnée et cynique des choses.

Deux spectateurs pouvaient regarder ce paysage chacun par une fenêtre et ainsi se retrouver à la fois séparés et réunis dans une certaine distance intime. Il était proposé ainsi de voir dans cet espace, à la fois un lieu à l’écart propice à la contemplation, mais aussi celui d’une possible rencontre. Le spectateur était explicitement mis dans la position active du « voyeur », de celui qui voit et qui est donc partie intégrante du dispositif de création des images. Il prenait part à cette construction avec son œil mais aussi son corps. Cette pièce par sa construction souligne ainsi la dimension « tactile » de la vision. Ce qui est donné à voir est toujours donné à voir au sein d’un dispositif de monstration, d’une pratique sociale par des corps présents, situés et éphémères.

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